100 artistes dans la ville: 1970 - 2019

« L’irruption d’une centaine d’individus engagés en flèche dans la recherche, doit provoquer des surprises et risque d’être cause de malentendus.
Les habitants de Montpellier peuvent appréhender comme une agression leur présence.
Nous n’entreprenons pas de les rassurer mais souhaitons qu’un dialogue ouvert s’établisse, permettant plus qu’une confrontation. »
(Jacques Lepage, catalogue de 100 artistes dans la Ville – Montpellier, Mai 70 »).
            
En écho à l’exposition « Vincent Bioulès, Chemins de traverse » et à la manifestation « 100 artistes dans la ville - ZAT 2019 » organisée par le MOCO (Montpellier Contemporain), le musée Fabre rend hommage à ABC Productions.
Ce groupe de quatre jeunes artistes auquel Vincent Bioulès participa fut à l’initiative de l’événement « 100 artistes dans la ville - Montpellier Mai 70 ».  
Nous présentons dans l’atrium Richier, un accrochage permettant de contextualiser le travail de Vincent Bioulès autour de 1970 ainsi que de documenter la manifestation désormais mythique, qui sert de point de repère à l’événement organisé par le MOCO (8 juin – 29 juillet 2019).
                       
Le groupe ABC Productions se forme en 1969, son nom est formé à partir des initiales des artistes qui le composent :
Tjeerd Alkema et Jean Azémard, Vincent Bioulès et Alain Clément. Plus qu’une esthétique commune, ces quatre artistes partagent une énergie et une volonté d’exposer en dehors des circuits marchands et institutionnels traditionnels.
L’engagement politique à gauche (marxiste ou encore anarchiste) les réunit également. Ils choisissent d’investir l’espace public : le parc d’Issanka, près de Sète, et le square de Palavas (situé à la jonction entre l’Esplanade et l’actuelle place de la Comédie) en juillet 1969.
 
Du 5 au 20 mai 1970, les quatre artistes réunissent 100 artistes dans cinq espaces du centre ville de Montpellier :
La gare et le square de Palavas, le musée du travail (situé au rez-de-chaussée de l’actuel Opéra Comédie), le Pavillon Populaire, la salle Pétrarque et la Chambre de Commerce.
Cette réunion spontanée d’artistes dans un climat d’insouciance et de liberté peut-être considérée cinquante ans plus tard, comme un des événements majeur dans le développement de l’art contemporain en France.
Elle réunit des artistes venus d’horizon variés :
Christian Boltanski, Lourdes Castro, Max Charvolen, Henri Cueco, Marc Devade, Noël Dolla, Sheila Hicks, Anselm Kiefer, Annette Messager, Jean-Pierre Pincemin, Claude Rutault, Sarkis, Antonio Seguí, Peter Stämpfli, Ben Vautier, Claude Viallat … 
          
Parallèlement à cet accrochage historique, le musée participe à la nouvelle édition de « 100 artistes dans la ville – ZAT 2019 » à l’invitation du MOCO. Dans ce cadre,
le musée a choisit d’exposer l’œuvre de l’artiste japonais basé à New York Ei Arakawa (1977) dans la Cour Vien.
Il s’agit d’un hommage à La Rencontre de Gustave Courbet, une citation « lumineuse » réalisée avec des LED et comportant une partie sonore.
Après l’œuvre de François Morellet, également réalisé d’après le chef d’œuvre de Courbet, voici donc une nouvelle œuvre contemporaine inspirée par le tableau phare de la collection !  
L’œuvre a été produite avec le soutien du MOCO et entrera dans la collection du musée grâce à l’action généreuse de la Fondation d’entreprises du musée Fabre qui en fait don.