Alexandre Cabanel, Michel Ange dans son atelier

Le fonds Alexandre Cabanel au musée Fabre est d’une importance considérable grâce à plusieurs dons et legs de l’artiste ou de sa famille, puis par des achats. Une salle du parcours lui est entièrement dédiée. Une importante rétrospective, organisée au musée Fabre avec le Wallraf-Richartz Museum de Cologne, a permis en 2010 et 2011 de redécouvrir cet artiste. La richesse des collections montpelliéraines permet de couvrir quasiment toute la carrière du peintre, mais aussi de retranscrire la diversité de sa production artistique : peintures, esquisses, réductions, dessins, cartons.

Selon Stephen Bann (L’Italianisme des jeunes peintres français, Cabanel et ses pairs entre l’idéal et le commerce, in cat.ex.Alexandre Cabanel, 1823-1889, La tradition du beau, pp. 41-51) Cabanel collaborait avec Adolphe Goupil, ce dernier faisant faire une réduction de la peinture originale pour servir à la préparation de la gravure, cette réduction étant vendue à son tour. L’auteur mentionne la vente de la copie du tableau de Cabanel, Michel-Ange, pour quatre mille francs, puis revendu en 1862 pour trois mille six cents francs. La gravure de Michel-Ange fut photographiée pour l’album de photographies de Goupil en 1863 et éditée en plus petit format comme carte de visite en 1890.

Les scènes de la vie des artistes étaient un sujet prisé au XIXème siècle, comme en témoignent les nombreuses présentations autour de ces sujets aux Salons. Goupil avait choisi quatre artistes (Raphaël, Rembrandt, Poussin et Michel-Ange) pour ses reproductions. Les sujets consacrés à Michel-Ange font florès à partir des années 1820-1830, et se prolongent au fil du siècle, comme en témoigne l’œuvre de Delacroix conservée au musée Fabre, Michel Ange dans son atelier (huile sur toile 40 x 30 cm, 868.1.40, don d’Alfred Bruyas). Cabanel, fut soutenu dès ses débuts par le mécène montpelliérain.

Les deux autres tableaux présentés la même année au Salon par Cabanel ont des dimensions assez comparables à notre tableau : Othello racontant ses batailles (Speed art museum, Louisville), 62 x 68 cm et Aglaé (Cleveland museum of art), 115 x 130 cm. Michel-Ange visité dans son atelier par Jules II, œuvre originale par sa mise au carreau latérale, est d’une grande élégance, avec une science du dessin parfaitement maîtrisée. Le sujet, important au XIXème siècle, est ici traité de manière dramatisée : le sculpteur est perdu dans ses pensées, contemplant son Moïse, en parallèle de l’arrivée du pape Jules II par un rideau ouvert à droite de la composition.

Pierre Stépanoff

  • En savoir plus:

Catalogue de l’exposition Alexandre Cabanel, 1823-1889 : la tradition du beau, Montpellier, Musée Fabre, 9 juillet-5 décembre 2010,

Cologne, Wallraf-Richartz Museum, 4 février-15 mai 2011,

Sylvain Amic, Lisa Small, France Nerlich, Paris, Somogy , 2010.

Lien vers l'exposition ici

Alexandre Cabanel
Michel Ange dans son atelier
Signé et daté en bas à droite : « AlEX – CABANEL – 185(6) ? »
Huile sur toile
H. 63 cm ; L. 103 cm

Hist. : Paris, exposé au Salon de 1857, n° 419, « Michel Ange » ; Milan, collection Breda à partir de 1921 ; Italie, collection Chincherni à partir de 1975 ; Brescia, collection particulière à partir de 1986 ; acheté auprès des derniers propriétaires via la Casa d’Aste Capitolium art, Brescia, par Montpellier Méditerranée Métropole pour le musée Fabre.