Eugène Devéria, Portrait de Marie Suzanne Célestine Boudin de La Nuguy de Tromelin, dame des Moutis de Boisgautier

Eugène Devéria est un des plus éminents représentants de la peinture romantique française dans les années 1820–1830, au point que Théophile Gaultier écrira plus tard « Le romantisme était chez lui chez les Devéria ». Fort d’un très bel ensemble de peintures romantiques de Delacroix, Géricault, Bonington, Boulanger, Isabey, Scheffer, Cogniet et d’Eugène Devéria lui-même, grâce aux don et legs d’Alfred Bruyas, ce portrait d’une jeune demoiselle vient habilement enrichir le fonds du musée Fabre.

Eugène Devéria est un des plus éminents représentants de la peinture romantique française dans les années 1820–1830, au point que Théophile Gaultier écrira plus tard « Le romantisme était chez lui chez les Devéria ». Fort d’un très bel ensemble de peintures romantiques de Delacroix, Géricault, Bonington, Boulanger, Isabey, Scheffer, Cogniet et d’Eugène Devéria lui-même, grâce aux don et legs d’Alfred Bruyas, ce portrait d’une jeune demoiselle vient habilement enrichir le fonds du musée Fabre.

Après une période de très grands succès à Paris aux Salons de la peinture d’histoire, dont le Musée conserve le souvenir grâce à l’esquisse de La Naissance d’Henri IV, achetée par Bruyas, la critique, qui le qualifiait de nouveau Véronèse et de nouveau Rubens, commence à la fin des années 1830 à se détourner de cet enfant chéri du romantisme. Il gagne ainsi Avignon pour décorer la cathédrale  Notre-Dame des Doms. Son séjour méridional est également l’opportunité de peindre à Montpellier une Charité de saint Vincent pour la Chapelle de la Miséricorde (in situ). Confronté à une société bourgeoise provinciale, il s’essaye avec succès au genre du portrait. Il rencontre François Sabatier, autre grand donateur du musée, qui conserve son Portrait par Devéria daté de 1838, peint la même année que ce Portrait de Marine Suzanne Célestine Boudin de la Nuguy. Devéria réalisera plus tard le décor du château d’Espeyran pour François Sabatier, près de Saint-Gilles-du-Gard. Alfred Bruyas, alors élève à l’école des beaux-arts du musée Fabre, a également dû rencontrer Eugène Devéria lors de ce séjour montpelliérain. Le passage du célèbre artiste parisien à Montpellier contribuera à le convertir à cette religion de l’art qui l’anima tout au long de sa vie. Il entretient par la suite une relation épistolaire avec cet artiste de talent.

Mademoiselle de Tromelin (1824 – 1842) était issue d’une grande famille d’officier de la Marine Royale. Son père, Jacques-Marie Boudin de la Nuguy de Tromelin, avait été fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis de même que François-Marie Devéria, père d’Eugène, chef de bureau au ministère de la Marine. Ces points communs expliquent sans doute la rencontre entre l’artiste et son modèle. Cette jeune demoiselle de 14 ans, à la pose quelque peu timide mais au visage d’une grande fraicheur, évoque parfaitement la génération romantique, les jeunes demoiselles des romans de Balzac, des poèmes de Lamartine et de Vigny. Bien que la palette du tableau soit plutôt sobre, le tableau est animé par la masse rouge d’une colonne et le bleu turquoise d’une tenture, tandis que la robe de la demoiselle fait l’objet d’un jeu tout en nuance de blanc crème.

Pierre Stépanoff

Eugène Devéria
Portrait de Marie Suzanne Célestine Boudin de La Nuguy de Tromelin, dame des Moutis de Boisgautier
Signé et daté à droite au centre, sur le socle de la colonne « Eug. Devéria / 1838 »
Huile sur toile
H. 81 cm ; L. 65 cm

Hist. : conservé dans la famille du modèle ; Préempté par l’Etat au bénéfice du musée Fabre à la vente Saint-Cloud le 14 février 2016, lot n° 18 ; Achat de Montpellier Méditerranée Métropole pour le musée Fabre.