Deux nouvelles oeuvres de Frédéric Bazille au musée Fabre (mai 2009)

Bazille, Couvercles de bouillon Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Frédéric Bazille (Montpellier, 1841 - Beaune-la-Rolande, 1870)

Couvercles de bouillon
Juin 1864
Huile sur toile
H. 27 ; L. 35 cm
D.b.g.: juin 1864 (Au milieu à gauche) 
 

Deux harengs
Huile sur toile
H. 41 ; L. 27,5 cm

Hist.: Collection Jean Thuile ; Clermont-Ferrand, Hôtel des Ventes, SARL B. Vassy et P. Jalenques, vente le 31 janvier 2009, n° 229 et 230, achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, 2009. 

Le musée Fabre de Montpellier Agglomération poursuit une politique ambitieuse d’enrichissement de ses collections. Il vient d’acquérir dans une vente publique à Clermont-Ferrand deux œuvres de Frédéric Bazille (1841-1870). Artiste montpelliérain, amis des premiers impressionnistes, sa trop courte carrière (il meurt au combat à Beaune-la Rolande) fait que toute œuvre de sa main apparaît comme une rareté.

Ces deux toiles de tailles modestes, Couvercles de bouillon et Deux harengs, proviennent de la collection particulière de Jean Thuile, amateur montpelliérain, passionné d’arts décoratifs et dont le musée Fabre a acquis en 2007 de magnifiques pièces d’orfèvrerie.
Les deux œuvres, signées et datables de 1864, datent des premiers pas de l’artiste à Paris. Inscrit à l’atelier de Charles Gleyre, le jeune Bazille rencontre Monet, Sisley et Renoir. Ils ont en commun une volonté de rénover la peinture, en s’inscrivant dans la route tracée par leurs aînés, Courbet et Manet. L’influence de ce dernier dans ces deux toiles est manifeste : la simplicité de la composition, l’exécution franche traitée en pleine pâte, la modestie de ces objets du quotidien renvoient aux chefs-d’œuvre de Manet. L’impressionnisme remettra à l’honneur la nature morte, genre mineur et méprisé par l’Académie, pour en faire un des meilleurs véhicules de la modernité, ouvrant la voie à Cézanne et Picasso.

L’entrée au musée Fabre de ces deux œuvres vient faire écho aux autres natures mortes déjà présentes, comme le Bouquet de narcisses ou la Négresse aux pivoines. Le musée Fabre de Montpellier Agglomération demeure ainsi la première collection publique française pour l’œuvre de cet artiste disparu trop jeune.