Hans Hartung, Composition

Né à Leipzig en 1904, Hans Hartung est l’une des plus grandes figures de la scène artistique française. Après les vicissitudes de la Seconde Guerre mondiale (il est arrêté, incarcéré puis libéré en 1943), il retrouve en 1945 son atelier d’Arcueil (Val-de-Marne) et devient citoyen français. En 1947, Hartung a sa première exposition personnelle à Paris chez Lydia Conti qu’il présente à Pierre Soulages (né en 1919), dont il est très proche durant ces années. Deux ans plus tard, Soulages a sa première exposition personnelle à la Galerie Lydia Conti.

L’immédiat après-guerre est une période intense de création : abstraction lyrique, art informel, expressionnisme abstrait sont autant d’orientations de ce que l’on appellera la Seconde école de Paris. Composition témoigne du vocabulaire plastique mis au point par Hartung dans les œuvres d’après-guerre. Sur les bandes chromatiques verticales se développe un répertoire graphique constitué d’une calligraphie personnelle : la spontanéité et l’expressivité du geste sont essentielles, le peintre y reviendra en permanence. La façon de disposer les éléments est symptomatique de cette époque: Hartung les superpose de manière à produire un effet de profondeur et créer une construction spatiale dynamique.

Le tableau de la collection Desmouliez est exceptionnel par sa précocité (1945) et par le fait qu’il inaugure l’activité de collectionneur de Georges Desmouliez (1917-2004). Cet amateur montpelliérain, professeur de Droit, s’est intéressé très tôt et avec passion à l’art abstrait de l’après guerre et possédait des œuvres importantes de Vieira da Silva, Arpad Szenes, Nicolas de Staël et Serge Poliakoff. Il évoque dans la préface du catalogue de l’exposition Soulages, peintures et gravures, organisée au musée Fabre en 1975, ses liens avec Hartung et Soulages : « Quand, à l’automne 1948, je crois, Hans Hartung me parla de Soulages, le jeune peintre ne se considérait comme tel que depuis deux années ; et son aîné, qui peignait depuis vingt ans, pionner enfin reconnu, parlait d’un pair ». Conseiller municipal, délégué aux Beaux-Arts et aux Affaires Culturelles de la ville de Montpellier, Georges Desmouliez soutint un riche programme d’expositions d’art du XXe siècle au musée Fabre, outre l’exposition Soulages en 1975: Auguste Chabaud, 1961 ; Bissière, 1969 ; Arpad Szenes, 1973 ; Poliakoff, 1974.

L’exposition Les Sujets de l’abstraction , qui présente onze œuvres de Hans Hartung, permet de contextualiser l’œuvre de l’artiste en le confrontant directement avec ses contemporains Gérard Schneider, Pierre Soulages ou Georges Mathieu. Elle fait également écho aux collections contemporaines du musée Fabre. Composition est le premier tableau de Hans Hartung à entrer dans les collections du musée. Cette acquisition importante vient compléter le fonds consacré à la Seconde Ecole de Paris, enrichi récemment par l’achat d’une toile d’Arpad Szenes (2010.4.1), provenant également de la collection Desmouliez. Au côté des toiles de Bissière, Vieira da Silva, De Staël, Poliakoff, Zao Wou-ki, l’œuvre de Hartung est un remarquable témoignage de la vitalité et de l’originalité de la création en France au sortir de la guerre.

Pour en savoir plus :

  • Catalogue de l’exposition Les Sujets de l’abstraction , écrit sous la direction d’ Éric de Chassey et Éveline Notter, 5 Continents Éditions, Milan, 2011.
Hans Hartung (Leipzig, 1904 – Antibes, 1989)
Composition
1945
Huile sur panneau
H. 73 ; L. 50 cm

S.D.b.g. : Hartung 1945

Inv. 2009.4.1

Hist.: acquis en octobre 1948 par Georges Desmouliez; Collection Georges Desmouliez ; Montpellier, Hôtel des Ventes, vente le 16 mai 2009, lot 30 ; achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec l’aide du F.R.A.M. Languedoc-Roussillon, 2009.