Cours de l'Ecole du Louvre

salle-rabelais

Salle RABELAIS, Bd SARRAIL, MONTPELLIER

Programme 2022

Des collections royales au patrimoine national : histoire et renouveau des musées
Cycle thématique de 5 séances d’1h30,
les mardis de 18h00 à 19h30, salle Rabelais, boulevard Sarrail, Montpellier
Par
Chantal Georgel, conservatrice générale honoraire du patrimoine
Pierre Stépanoff, conservateur du patrimoine, Musée Fabre
Michel Hilaire, conservateur général du patrimoine, directeur du Musée Fabre

Si le terme musée provient du grec « museion » le « temple des muses », sa définition comme « collection d'oeuvres exposées au public » est une invention de l’époque moderne. En France, le goût pour les arts et le mécénat manifesté par les princes depuis la fin de l’époque médiévale ont conduit au fil des siècles à la constitution de collections royales exceptionnelles mais c’est au XVIIIe siècle, avec les Lumières, que s’impose l’idée d’une mise à disposition de ces oeuvres à la nation. La création de musées à travers l’Europe au cours du XVIIIe siècle, l’ouverture du Muséum central des arts à Paris en 1793 puis la floraison des musées dans toute la France au XIXe siècle sont tout à la fois le résultat d’une politique volontariste des pouvoirs publics que de gestes décisifs de donateurs, de collectionneurs et d’érudits comme en témoigne de façon exemplaire l’histoire du musée Fabre. Fruit de décisions politiques comme de l'investissement de la société, le musée implique en France l'idée d'un patrimoine commun, au coeur de la cité.
Institution culturelle destinée à préserver les oeuvres des aléas de l’histoire, le musée n’en est pas moins traversé par des enjeux de pouvoir, de puissance voire de violence liés aux conditions historiques de son temps. Des saisies dans les églises ou chez les émigrés sous la Révolution, aux confiscations napoléoniennes puis aux prises de guerre coloniales et aux spoliations subies par les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, une mise en perspective historique est nécessaire pour comprendre la complexité juridique de la question des restitutions d'oeuvres d’art, trop souvent caricaturée.

Mardi 04 janvier 2022 L’invention des musées : des collections royales à la Révolution Française. Chantal Georgel
Mardi 11 janvier 2022 La jeunesse des musées au XIXe siècle. Chantal Georgel
Mardi 18 janvier 2022 Le musée questionné : spoliations et restitutions. Chantal Georgel
Mardi 1er février 2022 Le musée Fabre, sa genèse et son essor. Pierre Stepanoff
Mardi 8 février 2022 Le musée Fabre, du XXe siècle au XXIe siècle: une rénovation pour répondre aux enjeux du présent. Michel Hilaire

Le Grand Tour au XVIIIe siècle. Entre pratiques sociales, découvertes archéologique et émulation artistique
Cycle thématique de 5 séances d’1h30,
les mardis de 18h00 à 19h30, salle Rabelais, boulevard Sarrail, Montpellier
Par
Gilles Bertrand, professeur d'histoire moderne, université Grenoble Alpes
Michel Hilaire, conservateur général du patrimoine, directeur du Musée Fabre
Nicolas Lesur, historien de l’art
Pierre Stépanoff, conservateur du patrimoine, Musée Fabre

Gabriel Wick, docteur en histoire, New York University – Paris

Pratique engagée depuis le Moyen Âge et la Renaissance, le voyage en Italie s’institutionnalise pleinement au XVIIIe siècle en devenant le couronnement de la formation intellectuelle des élites européennes. La découverte des chefs-d’œuvre de la péninsule, aussi bien antiques que modernes, fait de la visite de l’Italie l’acmé de la pratique du « Grand Tour », qui peut également se déployer en France, aux Pays Bas ou en Allemagne.
Le Grand Tour entretient un rapport intime avec l’histoire et l’évolution de l’art du XVIIIe siècle. Pour les artistes, notamment français, le voyage en Italie peut aussi bien être une décision libre qu’une faveur du pouvoir royal, remportée grâce au Prix de Rome, concours garantissant à son vainqueur un séjour de plusieurs années à l’Académie de France à Rome. Le voyage en Italie confronte les artistes à de multiples écoles et traditions qui suscitent l’émulation et nourrissent leur production : la découverte de la peinture vénitienne ou napolitaine joue ainsi un rôle de premier plan dans le développement du style rocaille en France au début du XVIIIe siècle ; l’étude assidue de la sculpture antique et le développement de l’archéologie expliquent l’émergence du goût néoclassique dans la seconde moitié du siècle. Autorisée par le séjour italien, l’étude transmet ainsi à l’artiste un véritable répertoire, et le place dans un rapport d’érudition face à des traditions séculaires qui viennent nourrir ses propres œuvres.
Les voyageurs, amateurs d’art, antiquomanes et archéologues, sont le pendant de ce même mouvement : le voyage est ainsi un moment d’initiation à l’art et au goût, par la visite des vestiges et des monuments antiques, des églises et des palais de la Renaissance et du Seicento, mais aussi des premiers musées qui ouvrent alors leurs portes au public. Cette découverte s’allie parfois à des échanges directs avec les artistes vivants, eux-mêmes établis en Italie, mettant en place un système de commande ainsi qu’un climat de réflexion et d’émulation. En ce qu’il incarne une période de formation pour le « grand tourist », le séjour italien encourage également les commandes à vocation mémorielle, les oeuvres devenant ainsi des souvenir de voyage que l’on rapporte dans son pays natal. Cette dimension est ainsi particulièrement favorable au développement du paysage ainsi que ses variantes, vedute vénitiennes ou caprices de ruines antiques.

Ce cycle de conférence a pour objectif de préparer le visiteur à la visite de l’exposition « Louis Gauffier : un voyage en Italie » organisée au musée Fabre. Réalisées à l’apogée la pratique du Grand Tour, les oeuvres de Louis Gauffier proposent une lecture originale du Grand Tour, dépeignant avec fidélité les sites touristiques mais suggérant dans le même temps un certain « art de vivre » propre à ces séjours initiatiques et singuliers.
Mardi 05 avril 2022 Le siècle du Grand Tour, Gilles Bertrand
Mardi 12 avril 2022 Les français à Rome, Nicolas Lesur
Mardi 10 mai 2022 L’Objet archéologique de Nola à Herculanum : découverte, représentation, réinvention, Gabriel Wick
Mardi 17 mai 2022 Vedute, Caprices et Paysage idéal : les métamorphoses du paysage durant le siècle du Grand Tour, Michel Hilaire
Mardi 24 mai 2022 Louis Gauffier et les derniers feux du Grand Tour, Pierre Stépanoff

Cours de l'Ecole du Louvre saison 2020-2021

Les cours de l’École du Louvre programme prévisionnel sous réserve de modifications en fonction des mesures sanitaires

- Des collections royales au patrimoine national: histoire et renouveau des musées . Cycle de 5 séances d'1h30, Salle Rabelais en présentiel, les dates sont reportées. Vous serez informés de la tenue de ce cycle lors de la réouverture des lieux culturels.