Max Leenhardt et le Groupe Frédéric Bazille

La scène montpelliéraine est mise à l’honneur au musée Fabre : depuis peu, au 2e étage du musée Fabre, vous pouvez découvrir l’œuvre de Max Leenhardt en salle 41, et celles du « Groupe Frédéric Bazille » et de Jean Hugo en salle 43.

Dans les vignes_esquisse

Cousin de Frédéric Bazille, Max Leenhardt, né en 1853, est un des peintres majeurs de la scène montpelliéraine au tournant du XXe siècle. Il fait son apprentissage dans l’école des Beaux-Arts de sa ville natale sous la direction du peintre Ernest Michel, conservateur du musée Fabre, puis poursuit sa formation à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1874 dans l’atelier du montpelliérain Alexandre Cabanel. Ces deux artistes, tout comme Frédéric Bazille, ont profondément influencé l’art de Leenhardt. Ce dernier partage sa vie pendant les premières années de sa carrière entre Montparnasse et Montpellier et travaille dans des genres aussi différents que le portrait, la scène de genre, le paysage ou l’Allégorie. Il répond, en outre, à de nombreuses commandes publiques pour la ville de Montpellier (à l’Opéra Comédie ou pour les universités), encore actuellement visibles dans ces mêmes lieux. Tout au long de sa carrière, il exécute de nombreux sujets historiques et religieux avant de s’orienter vers un style marqué par le symbolisme. Bouleversé par la disparition prématurée de sa femme en 1893, Leenhardt se retire « au désert », dans la propriété familiale de Clapiers, aux portes de Montpellier. Il y peint de nombreux sujets d’inspiration régionale, notamment l’activité viticole qui fait la fortune du Languedoc. Dans la lignée de Bazille, son œuvre témoigne de son attention portée à la topographie locale, qu’il retranscrit dans des tonalités estivales qui ont conservé toute leur fraicheur. Le musée Fabre possède un fonds important de cet artiste, à travers notamment dix-huit huiles sur toile et carton.

Dezeuse
Pic Saint Loup
    

Le « Groupe Frédéric Bazille », créé en 1937 par Camille Descossy, réunit notamment Georges Dezeuze, Gabriel Couderc, Albert Dubout, Jean Milhau, et Descossy lui-même. Il s’inscrit pareillement dans la continuité du précurseur de l’impressionnisme montpelliérain. Pour Descossy, Frédéric Bazille « montre le soleil à ses jeunes amis », dont la plupart se rencontrent à l'Ecole des beaux-arts de Montpellier durant les années 1920. Celle-ci, située au rez-de-chaussée du musée Fabre, leur donne accès à son œuvre. Les sujets peints par le groupe – paysages, natures mortes et portraits – sont marqués par une certaine austérité, ainsi que par l'atmosphère et la lumière du Midi qui coïncident avec les grandes thématiques bazilliennes, comme l'indique le nom retenu par le groupe. C'est de leur pays que ces peintres tirent leur première source d’inspiration. Descossy en magnifie les qualités dans un texte consacre? a? Bazille : « Au contact de la nature vivante, de la garrigue grouillante, la sève nourricière ne peut que monter du sol, aider a? la création indiscutable ». Il insiste, avec ses camarades, sur l'indépendance de l'école picturale languedocienne. C'est en 1932 que Jean Hugo, arrière-petit fils du célèbre poète, rencontre Camille Descossy, avec qui il noue des échanges fructueux. Son œuvre figure dans plusieurs expositions dédiées au « Groupe Montpellier-Sète », qui réunit, à partir de 1956, certains des acteurs du « Groupe Frédéric Bazille ».